23. Le seuil de la Révélation de saint jean.
- cesar bki

- 26 avr.
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Nous venons de lire le sceau, la fin "Idéale" qui clôt le livre de l'Apocalypse. Le Christ refermait le livre de sa signature, et la fiancée lui répondait : « Viens. »
Mais un livre qu'on referme a d'abord été ouvert.
Par qui ? Comment ? Revenons au tout début — non pas au premier chapitre tel que l'usage l'a figé, mais au seuil tel que notre reconstitution le restitue, dégagé des fragments de notre fin que l'ordre canonique y avait conservés.
Si la Fin était une signature, le commencement est un en-tête. Et entre les deux, une lettre.
(I :1) Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donné pour dévoiler à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt, et qu’il a fait connaître par son ange à son serviteur Jean,
(I :2) qui atteste comme parole de Dieu et témoignage de Jésus Christ tout ce qu’il a vu.
(I :3) Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie et qui gardent ce qui s’y trouve écrit, car le temps est proche.
(I :4) Jean aux sept églises qui sont en Asie. Grâce et paix vous soient données par Celui qui est, qui était et qui vient, par les sept Esprits qui sont devant son trône,
(I :5) et par Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre. A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
(I :6) et a fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen.
(I-9) Moi, Jean, votre frère, qui ai part avec vous à la tribulation, au royaume et à la persévérance en Jésus, j’étais dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus.
(I :10) Je fus ravi en esprit le jour du Seigneur et j’entendis derrière moi une voix forte, puissante comme une trompette,
(I :11) et qui disait : « Écris ce que tu vois dans un livre et envoie-le aux sept Églises, d’Ephèse et de Smyrne, de Pergame et de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée. »
(I :12) Je me retournai pour voir qui me parlait et, après m’être retourné, je vis sept chandeliers d’or
(I :13) et, au milieu des chandeliers, comme un fils d’homme revêtu d’une longue robe, la poitrine ceinte d’une ceinture d’or ;
(I :14) sa tête et ses cheveux étaient blanc de la blancheur de la laine et de la neige, ses yeux étaient comme une flamme de feu ;
(I :15) ses pieds étaient semblables à l’airain affiné dans la fournaise, et sa voix était comme la voix des grandes eaux.
(XIV :13) Et j’entendis une voix venant du ciel, qui disait : « Écris : Heureux dès maintenant les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. »
(XIII :9) Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende !
(XIII :10) Qui est pour la captivité ira à la captivité ; qui tuera par l’épée doit être tué par l’épée. Ainsi se fondent la persévérance et la foi des saints.
La chaîne de transmission
Lisons d'abord comment le livre se met en marche.
« Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donné pour dévoiler à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt, et qu'il a fait connaître par son ange à son serviteur Jean » (I:1).
Tout est là, en une phrase. Une chaîne, maillon par maillon. Dieu donne à Jésus. Jésus fait connaître par son ange. L'ange porte à Jean. Jean écrit pour les serviteurs. La Révélation de saint Jean n'est pas un éclair tombé du ciel sur un homme seul : c'est une parole transmise, qui descend de main en main jusqu'à la plume.
Et cette plume, Jean nous dit comment elle a commencé d'écrire. « Je fus ravi en esprit le jour du Seigneur » (I:10). Ravi en esprit — ἐν πνεύματι. C'est le premier des quatre transports que nous avons suivis (publication n° 8) ; le premier degré de l'ascension. Le souffle saisit Jean, et la voix lui ordonne : « Écris ce que tu vois dans un livre et envoie-le aux sept Églises » (I:11).
Remarquons-le : ce n'est pas Jean qui décide d'écrire. On le lui commande. Il n'est pas l'auteur, il est le scribe. Le souffle ouvre, la voix dicte, la main obéit.

L'en-tête
Maintenant, regardons à qui ce livre est adressé.
« Jean, aux sept Églises qui sont en Asie. Grâce et paix vous soient données par Celui qui est, qui était et qui vient » (I:4).
C'est une salutation de lettre. Mot pour mot la forme qu'employaient les épîtres de ce temps : l'expéditeur, les destinataires, le vœu de grâce. L'Apocalypse ne s'ouvre pas comme un traité ni comme un oracle : elle s'ouvre comme un courrier. Sept destinataires nommés, une adresse, une salutation.
Souvenons-nous de ce que nous avons lu au sceau : « Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange vous attester cela au sujet des Églises » (XXII
:16). La fin signait. Le commencement adresse. L'en-tête et la signature se répondent d'un bout à l'autre du livre, et entre eux se tiennent précisément ceux à qui tout ceci est écrit : les sept Églises. Mais qu'on ne s'y trompe pas — entre cet en-tête et cette signature, le livre ne déroule pas un seul message. Il en déroule trois : les lettres aux sept Églises, la vision terrestre, la vision céleste. Trois prophéties jumelles, un même schéma répété, sept événements en miroir (pub n°13 et n°21). L'en-tête les ouvre toutes ; la signature les scelle toutes. Et la première d'entre elles — celle des Églises — est celle dont nous tenons déjà la clé. Mais avant cela, le seuil nous montre encore quelque chose.
La silhouette
Car au seuil, Jean se retourne. Et il voit.
« Je me retournai pour voir qui me parlait, et je vis sept chandeliers d'or, et au milieu des chandeliers comme un fils d'homme revêtu d'une longue robe, la poitrine ceinte d'une ceinture d'or ; sa tête et ses cheveux étaient blancs comme la laine et la neige, ses yeux comme une flamme de feu ; ses pieds semblables à l'airain affiné, et sa voix comme la voix des grandes eaux » (I:12-15).
Une figure se dresse. On la décrit avec soin — la robe, l'or, les cheveux de neige, les yeux de feu, les pieds de bronze, la voix des grandes eaux. Mais arrêtons-nous sur ce que le texte ne fait pas : il ne la nomme pas. « Comme un fils d'homme. » Une apparence, pas un nom. Une vision, pas encore une identité.
Le lecteur du seuil est dans la position de Jean : il voit sans savoir qui. Et c'est juste. Car cette identité, le livre la garde pour sa clôture. Nous l'avons rencontrée au sceau : « Je suis le Premier et le Dernier… Moi, Jésus. » La figure qui se tient ici, anonyme, parmi les chandeliers, c'est celle-là même qui se nommera à la fin.
Le seuil montre. La Fin nomme. L'ordre canonique avait fondu ensemble la vision et son nom dans le même premier chapitre ; en les séparant, nous rendons au livre son geste véritable — paraître d'abord, se révéler ensuite.
Et ces chandeliers, au milieu desquels la figure se tient ? Le sceau nous en livre le secret : « les sept chandeliers sont les sept Églises » (I:20). La figure se tient donc au milieu de ses Églises. Elle ne leur est pas encore adressée — elle est parmi elles. Dans un instant, elle va leur écrire.
Conclusion
Récapitulons.
Le livre s'ouvre par une chaîne : Dieu, Jésus, l'ange, Jean. Il s'ouvre par un souffle : Jean ravi en esprit, à qui l'on commande d'écrire. Il s'ouvre par un en-tête : une lettre aux sept Églises. Et il s'ouvre par une vision : une figure anonyme au milieu des chandeliers, qui ne se nommera qu'à la fin.
Le cadre du livre est désormais entier, des deux côtés. Au seuil, l'Esprit ouvre — il ravit Jean, il met la parole en marche, et c'est lui qui parlera aux Églises. Au sceau, le Christ referme — il atteste, il signe, il scelle. Entre ces deux mains, le souffle qui ouvre et la signature qui ferme, tout le livre tient.
Nous avons lu l'en-tête. Nous avons lu la signature. Reste ce qu'ils encadrent : les trois prophéties. Nous en avons déjà reconstitué deux — la terrestre et la céleste, jumelles (publication n° 21).
Il en demeure une, la première, annoncée dès le seuil : sept Églises nommées, sept messages qui les attendent. Et chacun, nous l'avons entrevu au sceau, s'ouvre par un trait du portrait final — une étoile, un glaive, un premier-et-dernier. La figure qui se tient parmi les chandeliers va se pencher sur chacun d'eux. C'est ce que nous lirons ensuite : les sept lettres, et la clé qui les ouvre une à une.





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