26. Les deux témoins de l'Apocalypse de saint Jean.
- cesar bki

- 6 juin
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Jusqu'ici, chaque publication a éclairé de manière séparée, un aspect de la recomposition de l'Apocalypse — l'ordre des sept Églises, le sceau, le seuil, le miroir des deux prophéties. Ici, nous montrons comment ces aspects s'assemblent.
Ce passage — la fin de la première prophétie — s'y prête bien : en quelques versets, on voit fonctionner toute la construction.
Deux suites de sept, sous deux formes, traversent le livre : les sept battements (les événements) et les sept fléaux (les plaies). Le dernier bloc recomposé les saisit, pour la troisième fois, toutes deux à leurs deux derniers mouvements — battements 6 et 7, et fléaux 6 et 7. Il montre donc encore ceci : un même événement, relater ici, est présenté ailleurs sous une autre forme. C'est ce que nous avons appelé la triangulation, une chose décrite trois fois, précisant sa nature sans ambiguïté.
Les deux témoins ouvrent ce passage. Nous les lirons donc plus comme une structure que comme une histoire.
Ces versets, dispersés du chapitre X au chapitre XXII dans l'ordre canonique, se suivent ici chez d'un seul tenant :
(XI :3) Je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, revêtus de sacs, durant mille deux cent soixante jours. »
(XI :4) Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre.
(XI :6) Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin que la pluie ne tombe pas durant les jours de leur prophétie ; ils ont le pouvoir de changer les eaux en sang, et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux, chaque fois qu’ils le voudront.
(XI :7) Quand ils auront rendu témoignage, la Bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera.
(XI :8) Leurs cadavres seront étendus sur la place de la grande ville appelée en langage spirituel Sodome et Égypte, Là où leur Seigneur a été crucifié.
(XI :9) Des hommes des divers peuples, tribus, langues et nations verront leurs cadavres durant trois jours et demi, et ne permettront pas qu’ils soient mis au tombeau.
(XI :10) À cause d’eux les habitants de la terre seront dans la joie et l’allégresse, et ils s’enverront des présents parce que ces deux prophètes auront tourmenté ceux qui habitent la terre.
(XI :11) Mais après trois jours et demi, un esprit de vie venu de Dieu entra en eux, ils se dressèrent sur leurs pieds et l’effroi saisit ceux qui les regardaient.
(XI :12) Ils entendirent une voix puissante leur dire du haut du ciel : « Montez ici ! » Et ils montèrent au ciel dans la nuée, sous le regard de leurs ennemis.
(XI :13) Au même moment il y eut un grand tremblement de terre, la dixième partie de la ville fut détruite ; et sept mille hommes périrent dans le séisme ; les survivants, effrayés, rendirent gloire au Dieu du ciel.
(XV :5) Après cela, je vis le Temple de la tente du témoignage s’ouvrir dans le ciel,
(XV :6) et les sept anges portant les sept fléaux sortirent du Temple, vêtus de lin pur, de lin éclatant, et la poitrine ceinte d’une ceinture d’or.
(XV :8) Et le Temple fut rempli d’une fumée venue de la gloire de Dieu et de sa puissance. Et personne ne pouvait pénétrer dans le Temple, jusqu’à ce que fussent accomplis les sept fléaux des sept anges.
(XIV :14) Je vis alors paraître une blanche nuée sur laquelle était assis comme un fils d’homme, ayant sur la tête une couronne d’or, et une faucille acérée à la main.
(XIV :15) un autre ange sortit du Temple et cria d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : « Lance ta faucille et moissonne, car l’heure de moissonner est venue, la moisson de la terre est mûre. »
(XIV :16) Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.
(XIV :17) puis un autre ange sortit du Temple céleste, tenant, lui aussi, une faucille acérée.
(XIV :18) Un autre ange encore quitta l’autel, l’ange qui a le pouvoir sur le feu, et cria d’une voix puissante à celui qui tenait la serpe : « Lance ta faucille acérée et vendange les grappes de la vigne terrestre, car ses raisins sont maintenant à point. »
(XIV :19) Et l’ange jeta sa faucille sur la terre, vendangea la vigne terrestre et fit tomber la vendange dans la cuve, la grande cuve de la fureur de Dieu.
(XI :19) Le Temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, l’arche d’Alliance apparut dans son Temple, et il y eut des éclairs, des cris, des tonnerres, un tremblement de terre et une violente grêle.
(XVI :20) Toutes les îles s’enfuirent, et il ne se trouve plus de montagnes.
(XXI :1) Je vis alors un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés, et il n’y avait plus de mer.
(XXI :2) Et je vis la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, descendre du ciel d’auprès de Dieu, prête comme une fiancée parée pour son époux.
(XXII :6) (L’ange pour Larousse) Il me dit alors : « Ces paroles sont dignes de foi et véridiques, et c’est le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, qui a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver sous peu.
(X :11) Alors on me dit : « Il te faut encore prophétiser sur bien des peuples, des nations, des langues et des rois. »
L'entrée : les deux témoins
Ils prophétisent « revêtus de sacs » (XI :3) ; ils sont « les deux oliviers et les deux chandeliers » (XI :4) — et le chandelier, nous le voyons révélé dans la signature du Livre, représente une Église (courant religieux ?). Deux Églises, donc ; et, croyons-nous, deux Églises, sans savoir lesquelles, à qui les lettres avaient fait une promesse, qu'elles reçoivent ici. La Bête de l'abîme les combat et les tue ; après trois jours et demi, « un esprit de vie venu de Dieu entra en eux » (XI :11), et ils montent au ciel (XI :12).
Leur destin — mourir, puis vivre — est celle de leur Seigneur. Mais ce n'est pas ce qui nous occupe ici. Ce qui nous occupe, c'est leur place : ils sont les derniers acteurs de la première prophétie, et leur mort nous fait entrer dans les deux derniers battements et les deux derniers fléaux.

Battement 6 — l'évènement du grand jugement
Où meurent-ils ? « Sur la place de la grande ville… Sodome et Égypte, là où leur Seigneur a été crucifié » (XI :8). Cette grande ville est celle que juge le sixième battement : la Babylone. Ici, elle est seulement nommée. Sa condamnation, on la voit en entier ailleurs — dans la vision terrestre, où Babylone tombe ; dans la vision céleste, où la terre tremble (VI :12). Le même jugement, sous trois formes : voilà la triangulation, à l'œuvre sur un seul mot, « la grande ville ».
Et c'est sur Babylone que tombent les cinq premiers fléaux, « en un seul jour » (XVIII :8). C'est pourquoi ils ne sont pas redits ici : déjà tombés, d'un coup. Ne restent à décrire que les deux derniers.
Battement 7 — les sept fléaux ultimes
Les témoins relevés, le ciel s'ouvre : « le Temple de la tente du témoignage » (XV :5), d'où sortent « les sept anges portant les sept fléaux » (XV :6) ; puis la fumée, « jusqu'à ce que fussent accomplis les sept fléaux » (XV :8).
Mais qui sont ces sept anges ? « Mon seigneur, tu le sais. » Ce sont les anges du septième battement : l'arrivée des plaies ultimes. Et de ces sept plaies annoncées, on l'a dit, seules les deux dernières sont dévoilées. Elles suivent, chacune ouverte par un moissonneur.
Fléau 6 — le retour, la parousie
Premier moissonneur : « une blanche nuée sur laquelle était assis comme un fils d'homme… une faucille acérée à la main » (XIV:14). C'est le retour, la parousie. Il moissonne, et « la terre fut moissonnée » (XIV :16). Ce retour est la grande bataille — dans le texte complet, le cavalier au cheval blanc, « Fidèle et Véritable », qui frappe les nations et défait la Bête et les rois (XIX). Le fléau 6 court du rassemblement des ennemis jusqu'aux oiseaux qui se rassasient de leur chair (XIX :21). C'est le retour du Christ, pour la bataille. « Le voici qui vient sur les nuées : tout œil le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et à sa vue toutes les tribus de la terre seront dans les larmes. Oui. Amen. » (I :7)
Fléau 7 — la fin
Second moissonneur : « un autre ange sortit du Temple céleste, tenant, lui aussi, une faucille acérée » (XIV :17). Avec lui commence le fléau 7 — la fin de tout.
Il vendange la vigne de la terre « dans la grande cuve de la fureur de Dieu » (XIV :19). Le Temple s'ouvre sur l'arche, dans l'orage (XI :19) ; « toutes les îles s'enfuirent, et il ne se trouve plus de montagnes » (XVI :20) ; et, dans le texte complet, les rois se cachent dans les rochers, sachant que le grand jour est venu (VI :15-17). C'est la fin de l'humanité telle qu'on la connaît. Puis « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (XXI :1), et « la Jérusalem nouvelle » qui descend (XXI :2).
Le fléau 7 (la fin) dans les trois registres
Les deux témoins
(XI :19) Le Temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, l'arche d'Alliance apparut dans son Temple, et il y eut des éclairs, des cris, des tonnerres, un tremblement de terre et une violente grêle.
(XVI :20) Toutes les îles s'enfuirent, et il ne se trouve plus de montagnes.
(XXI :1) Je vis alors un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s'en étaient allés, et il n'y avait plus de mer.
Vision terrestre
(XVI :17) Le septième répandit sa coupe dans les airs, et du Temple, venant du trône, sortit une voix forte qui disait : « C'en est fait ! »
(XVI :18) Il y eut alors des éclairs, des voix et des coups de tonnerre ; puis un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y eut jamais, depuis que l'homme est apparu sur la terre, tremblement de terre aussi violent.
(XVI :21) Des grêlons pesant près d'un talent tombèrent du ciel sur les hommes ; mais les hommes blasphémèrent Dieu pour le fléau de cette grêle, car c'est là un terrible fléau.
(XX :11) Puis je vis un grand trône blanc et celui qui y siégeait. La terre et le ciel s'enfuirent devant sa face, il n'y eut plus de place pour eux.
Vision céleste
(VIII :5) Puis l'ange prit l'encensoir, l'emplit du feu de l'autel, et le lança sur la terre ; il y eut des tonnerres, des cris, des éclairs et un tremblement de terre,
(VI :13) Les étoiles s'abattirent sur la terre, comme les figues vertes du figuier battu par l'ouragan ;
(VI :14) Le ciel se retira comme un livre qu'on roule, toutes les montagnes et toutes les îles furent changées de lieu ;
Ce que le bloc démontre
Prenons un pas de recul. Sur ce seul passage, les deux séries de sept paraissent à leurs deux dernières positions : battements 6 (le grand jugement) et 7 (les fléaux ultimes) ; fléaux 6 (le retour) et 7 (la fin). Deux moissonneurs, deux derniers fléaux. Et chaque pièce est attestée ailleurs sous une autre forme : la grande ville d'ici est la Babylone de la vision terrestre et le séisme de la vision céleste. Un événement, plusieurs registres.
Ce n'est pas une interprétation que nous ajoutons ; c'est la construction que nous montrons. La première prophétie résume tout le drame en ne gardant que les coups les plus tranchants — et ici, à sa fin, les deux séries de sept se referment ensemble.
Un dernier mot, et c'est le moteur de l'ensemble. L'ange atteste : « Ces paroles sont dignes de foi et véridiques » (XXII :6) ; puis vient l'ordre : « Il te faut encore prophétiser » (X :11). La première prophétie s'achève en commandant la suivante. C'est ainsi que le même drame est dit plusieurs fois — et que les registres peuvent se recouper.





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