top of page

25. Le visage des sept Églises de l'Apocalypse de saint Jean

  • Photo du rédacteur: cesar bki
    cesar bki
  • 24 mai
  • 5 min de lecture

Le Christ parmi les sept chandeliers d'or, tenant les sept étoiles — le visage des sept Églises.


Nous avons rétabli l'ordre des sept lettres. Reste à les lire pour elles-mêmes.


Chacune s'ouvre de la même façon : « Voici ce que dit celui qui… », puis un titre. Sept lettres, sept titres. On les prend d'ordinaire pour sept formules de circonstance. Nous croyons qu'ils sont autre chose.

Ces sept titres ne désignent pas sept Christ différents. Ils sont un seul portrait, brisé en sept. La figure que le seuil nous a montrée sans la nommer, et que la Fin nomme et scelle, est ici distribuée : un trait posé en tête de chaque lettre. Nous avions montré la clé sur quelques exemples ; nous ouvrons ici les sept. Lire les titres dans l'ordre, c'est reconstituer son visage.


Et il y a plus. Chaque Église reçoit le trait qui répond à sa propre blessure. Le titre n'est pas donné au hasard. C'est le visage que cette Église-là avait besoin de voir.



Le portrait dispersé


Éphèse — la présence. 

« Celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, et qui marche au milieu des sept chandeliers d'or » (II :1). Le seuil l'a vu marcher parmi les chandeliers (I :12-13) ; la Fin scelle le secret — les étoiles sont les anges des Églises, les chandeliers sont les Églises (I :20). À Éphèse, qui a quitté son premier amour et risque de voir ôter son chandelier (II:4-5), il se montre tout proche : celui qui tient les siens dans sa main et marche au milieu d'eux. À l'amour refroidi, la réponse est la présence de celui qui ne lâche pas.


Pergame — le Verbe. 

« Celui qui tient le glaive acéré à deux tranchants » (II :12). De sa bouche, à la Fin, sort « une épée acérée à deux tranchants » (I :16). À Pergame, qui demeure « là où est le trône de Satan » et où Antipas fut mis à mort (II :13), il oppose le seul glaive qui tranche juste : sa parole. « Je les combattrai avec le glaive acéré de ma bouche » (II:16). Au lieu où règne l'épée, la réponse est le Verbe.


Laodicée — la vérité. 

« L'Amen, le témoin fidèle et véridique, le principe de ce que Dieu a créé » (III :14). Le seuil l'a nommé « le témoin fidèle » (I :5) ; la Fin l'achève — « celui qui atteste », l'« Amen », « le principe et la fin » (XXII :13, 18, 20). À Laodicée, qui se ment à elle-même — « je suis riche… et n'ai besoin de rien », sans voir sa misère (III :17) —, il se montre le témoin qui ne flatte pas, et la seule richesse véritable. À l'illusion sur soi, la réponse est le témoin véridique.


Sardes — le Souffle.

 « Celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles » (III :1). Les sept Esprits se tiennent devant le trône dès le seuil (I :4) ; les sept étoiles sont scellées à la Fin (I :16, 20). À Sardes, qu'« on dit vivant » mais qui « est mort » et doit « ranimer ce qui va mourir » (III :1-2), il se montre le porteur du Souffle. À la mort, la réponse est l'Esprit qui ranime.


Smyrne — la traversée. 

« Le premier et le dernier, celui qui mourut et qui est en vie » (II :8). C'est, mot pour mot, le sceau : « Je suis le Premier et le Dernier… j'ai été mort, mais voici que je suis vivant » (I :17-18 ; XXII :13). À Smyrne, qu'on jettera en prison et qu'on appelle à « être fidèle jusqu'à la mort » sous la menace de « la seconde mort » (II :10-11), il ne fait aucun reproche : il se montre seulement celui qui est déjà passé par la mort et en est revenu. À la peur de mourir, la réponse est celui qui a traversé le premier.


Thyatire — le regard.

 « Le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme la flamme du feu et dont les pieds sont semblables à du bronze incandescent » (II :18). Ce sont les traits du seuil, presque trait pour trait : « ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds semblables à l'airain affiné dans la fournaise » (I :14-15). À Thyatire, qui laisse Jézabel enseigner et égarer (II :20), il rappelle qu'il est « celui qui sonde les reins et les cœurs » (II:23). Au mensonge toléré, la réponse est le regard qui voit au fond et les pieds qui ne cèdent pas.


Philadelphie — la porte. 

« Le Saint et le Véridique, celui qui tient la clé de David ; qui ouvre, et personne ne fermera ; qui ferme, et personne n'ouvrira » (III :7). La Fin lui donne les clés — « j'ai les clés de la mort et du séjour des morts » (I:18) — et le lignage de David : « le rejeton et la postérité de David » (XXII:16). À Philadelphie, qui n'a que « peu de force » mais a « gardé ma parole » (III :8), il se montre celui qui a déjà « ouvert devant toi une porte que nul ne fermera ». À la faiblesse fidèle, la réponse est la porte ouverte.



Les sept chandeliers et la main aux sept étoiles — les traits du Christ distribués aux sept Églises.


Le visage reconstitué


Mettons les sept titres bout à bout. Les étoiles et les chandeliers, le glaive, l'Amen et le principe, les sept Esprits, le premier et le dernier, les yeux de flamme et les pieds de bronze, la clé de David. Ce ne sont pas sept traits épars : c'est un seul visage, celui-là même que Jean voit se retourner vers lui au commencement et que la Fin atteste.

Et ce visage tient aux deux bords du livre. Le seuil le montre — le fils d'homme parmi les chandeliers, les cheveux blancs, les yeux de flamme, les pieds de bronze, la voix des grandes eaux, le témoin fidèle, les sept Esprits. La Fin le scelle — les étoiles dans la main, le glaive de la bouche, le premier et le dernier, les clés, le rejeton de David, l'alpha et l'oméga, l'Amen qui atteste.


Église

Titre (abrégé)

Puisé au

Visage

Éphèse

les étoiles, les chandeliers

seuil + sceau

la présence

Pergame

le glaive à deux tranchants

sceau

le Verbe

Laodicée

l'Amen, le témoin, le principe

seuil + sceau

la vérité

Sardes

les sept Esprits, les sept étoiles

seuil + sceau

le Souffle

Smyrne

le premier et le dernier

sceau

la traversée

Thyatire

les yeux de flamme, les pieds de bronze

seuil

le regard

Philadelphie

la clé de David

sceau

la porte


C'est pourquoi les lettres de l'Apocalypse font la jointure. Là où le seuil montrait sans nommer, là où la Fin nommait sans détailler, les sept lettres distribuent : à chaque Église, un trait du même. Celui qui ouvre le livre par l'Esprit et le scelle en son nom est celui qui signe chacune des sept lettres. Le visage qu'on cherchait d'un bout à l'autre était posé, depuis le début, en tête de chaque message.



Conclusion — un seul, sept fois


Il n'y a donc pas sept christs des sept Églises, mais un seul Christ tourné sept fois. À chacune, il présente la face qu'elle peut recevoir : la présence à qui s'est refroidi, le Verbe à qui vit sous l'épée, la vérité à qui se ment, le Souffle à qui est mort, la traversée à qui va mourir, le regard à qui tolère le faux, la porte à qui n'a plus de force.

Et ce qu'il promet, au terme, c'est encore lui-même : l'étoile du matin donnée au vainqueur de Thyatire (II :28) et ce que la Fin le dit être — « l'étoile resplendissante du matin » (XXII :16). Il ne donne rien d'autre que son visage.

Nous ne tirons de là aucune date ni aucun nom. Seulement ceci : le lecteur qui a passé le seuil et atteint la Fin reconnaît, en rouvrant les lettres, le même visage à sept reprises. Le portrait n'était pas caché. Il était partagé.


L'étoile resplendissante du matin se levant sur l'horizon — la promesse du Christ.

Commentaires


bottom of page