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24. Le miroir des sept Églises de l'Apocalypse de saint Jean.

  • Photo du rédacteur: cesar bki
    cesar bki
  • 10 mai
  • 13 min de lecture

Chandeliers : Les sept chandeliers d'or, figure des sept Églises de l'Apocalypse, icône byzantine sur fond d'or


Dans la publication n° 21, nous avons posé deux prophéties côte à côte — la terrestre et la céleste — et nous avons vu qu'elles racontaient, en sept battements, une seule et même histoire. Nous avons aussi annoncé qu'il en existait une troisième.

La voici.


Elle se tient en amont du livre, dans les lettres aux sept Églises. Et elle pose d'emblée la question que tout lecteur attentif finit par se poser : pourquoi cet ordre ?


Rang

Ordre canonique

Ordre recomposé

1

Éphèse

Éphèse

2

Smyrne

Pergame

3

Pergame

Laodicée

4

Thyatire

Sardes

5

Sardes

Smyrne

6

Philadelphie

Thyatire

7

Laodicée

Philadelphie


Pourquoi, dans notre reconstitution, les sept Églises ne se suivent-elles pas comme l'usage les a rangées ?


(I :11) et qui disait : « Écris ce que tu vois dans un livre et envoie-le aux sept Églises, d’Ephèse et de Smyrne, de Pergame et de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée. »


Une seule Église ne bouge pas : Éphèse, qui ouvre les deux colonnes. Les six autres se redéploient. Le lecteur est en droit de demander pourquoi — et c'est à cette question que répond tout ce qui suit. Mais lisons d'abord les sept lettres dans leur ordre suggéré par notre travail.



L'ordre établi


(II :1) Écris à l’ange de l’Église d’Ephèse  : « Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, et qui marche au milieu des sept chandeliers d’or :

(II :2) Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. Je sais que tu ne peux souffrir les méchants, et qu’après avoir mis à l’épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, tu les as trouvés menteurs ;

(II :3) Je sais que tu as de la persévérance, que tu as souffert pour mon nom, et ne t’es point lassé.

(II :4) Mais j’ai ceci contre toi que tu n’as plus ton premier amour.

(II :5) Souviens-toi d’où tu es tombé, repens-toi, et reviens à tes premières œuvres ; sinon je viendrai à toi et j’ôterai ton chandelier de sa place, si tu ne te repens.

(II :6) Tu as cependant pour toi d’exécrer les œuvres des nicolaïtes, que j’exècre aussi.

(II :7) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux églises. A celui qui vaincra je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu.


(II :12) Écris à l’ange de l’Église de Pergame : « Voici ce que dit celui qui tient le glaive acéré à deux tranchants :

(II :13) Je sais où tu demeures ; là où est le trône de Satan. Tu gardes fidèlement mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin, mon fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où demeure Satan.

(II :14) J’ai tout de même à te reprocher d’avoir là des sectateurs de Balaam, qui incitait Balaq à poser une pierre d’achoppement devant les enfants d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et se livrent à la prostitution.

(II :15) Comme tu as, toi aussi, de semblables adeptes de la doctrine de nicolaïtes,

(II :16) Repens-toi, sinon je viendrai bientôt à toi, et je les combattrai avec le glaive acérée de ma bouche.

(II :17) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. À celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc, sur lequel est écrit un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit. »


(III :14) Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : « Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véridique, le principe de ce que Dieu a créé.

(III :15) Je connais tes œuvres, et je sais que tu n’es ni froid ni chaud. Que n’es-tu l’un ou l’autre !

(III :16) Puisque tu n’es ni chaud ni froid, mais tiède, je vais te vomir de ma bouche.

(III :17) Tu dis : je suis riche, je suis dans l’opulence et n’ai besoin de rien ! Tu ne sais pas ta misère, et combien tu es à plaindre, et pauvre, et aveugle, et nu.

(III :18) Je te conseille de m’acheter de l’or purifié au feu, afin de devenir riche, des vêtements blancs, afin de t’en revêtir et de cacher la honte de ta nudité, et un onguent pour t’enduire les yeux, afin de voir clair.

(III :19) Je reprends et je corrige ceux que j’aime : anime ton ardeur et repens-toi.

(III :20) Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.

(III :21) Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi-même, après avoir vaincu, je me suis assis avec mon Père sur son trône.

(III :22) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »


(III :1) Écris à l’ange de l’Église de Sardes : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. On te dit vivant mais tu es mort.

(III :2) Deviens vigilant, ranime ce qui va mourir ; car je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu.

(III :3) Souviens-toi de ce que tu as reçu et entendu ; garde-le, et repens-toi. Si tu ne veilles, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je fondrai sur toi.

(III :4) Tu as cependant à Sardes un petit nombre de personnes qui n’ont pas souillé leur vêtement : elles marcheront avec moi vêtues de blanc, parce qu’elles sont dignes.

(III :5) Celui qui vaincra sera ainsi vêtu de blanc. Je n’effacerai pas son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.

(III :6) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »


(II :8) Écris à l’ange de l’Église de Smyrne  : « Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui mourut et qui est en vie :

(II :9) Je connais ta tribulation et ta pauvreté – mais tu es riche – et les calomnies de ceux qui se disent Juifs, et qui ne sont qu’une synagogue de Satan.

(II :10) N’aie pas peur de ce que tu vas endurer. Le Diable jettera bientôt certains d’entre vous en prison, afin que vous soyez mis à l’épreuve ; et vous aurez à souffrir pendant dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.

(II :11) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. Celui qui vaincra n’aura pas à subir la seconde mort. »


(II :18) Écris à l’ange de Thyatire : « Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme la flamme du feu et dont les pieds sont semblables à du bronze incandescent :

(II :19) Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton dévouement, ta persévérance, et je sais que tes dernières œuvres surpassent les premières.

(II :20) Mais j’ai contre toi que tu laisses Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse, enseigner et égarer mes serviteurs en leur apprenant à se livrer à la prostitution et à manger des viandes sacrifiées aux idoles.

(II :21) Je lui ai donné le temps de se repentir, mais elle ne veut pas se repentir de sa prostitution.

(II :22) Je vais la clouer au lit et jeter ses complices en adultère dans une grande tribulation, s’ils ne se repentent pas de leurs actes.

(II :23) Je ferai mourir ses enfants, et toutes les Églises sauront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs ; et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres.

(II :24) Mais à vous, les autres fidèles de Thyatire, qui ne suivez pas cette doctrine et n’avez pas connu ce qu’ils appellent les profondeurs de Satan, je dis : je ne vous imposerai pas d’autre fardeau ;

(II :25) seulement, gardez bien ce que vous avez reçu jusqu’à ce que j’arrive.

(II :26) A celui qui vaincra, et qui sera fidèle à mes œuvres jusqu’à la fin, je donnerai pouvoir sur les nations,

(II :27) et il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile,

(II :28) ainsi que j’en ai reçu moi-même pouvoir de mon Père ; et je lui donnerai l’étoile du matin.

(II :29) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »


(III :7) Écris à l’ange de Philadelphie : « Voici ce que dit le Saint et le Véridique, celui qui tient la clé de David ; qui ouvre, et personne ne fermera ; qui ferme, et personne n’ouvrira.

(III :8) Je connais tes œuvres, et j’ai ouvert devant toi une porte que nul ne fermera ; car si peu de force que tu aies, tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom.

(III :9) Voici, je te donne ceux de la synagogue de Satan qui se disent juifs et ne le sont pas, mais mentent ; je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et ils reconnaîtront que je t’ai aimé.

(III :10) Parce que tu as gardé la patience que je te demandais, moi aussi je te garderai dans l’épreuve qui va venir sur le monde, pour éprouver tous les habitants de la terre.

(III :11) Je viendrai bientôt : tiens bien ce que tu as, afin que nul ne s’empare de ta couronne.

(III :12) Je ferai de celui qui vaincra une colonne dans le temple de mon Dieu, et jamais plus il n’en sera éloigné. J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, le nom de la ville qui descend d’auprès de lui, et mon nom nouveau.

(III :13) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »


Notre réponse tient en une phrase, et c'est la thèse de cette publication : l'ordre des sept lettres n'est pas arbitraire — nous sommes convaincu qu'il épouse l'ordre des sept événements, des sept sceaux. Les lettres sont le troisième récit de la même prophétie. Chaque lettre tient le rang d'un battement. Et lorsqu'on aligne les trois colonnes, le miroir se referme : sept lignes, une seule architecture. La triangulation est complète.



Vue d'ensemble


#

Événement

Église

L'écho qui les noue

1

Apparition du Christ

Éphèse

Le Christ marche parmi les chandeliers (II:1) ; le premier amour, l'origine

2

Le Dragon en action

Pergame

Le trône de Satan (II:13) ↔ le Dragon-Satan ; le glaive ↔ l'épée du cavalier roux

3

Le rééquilibrage

Laodicée

L'Église déséquilibrée, tiède, fausse en sa richesse (III :15-17) ↔ la balance

4

L'agent de mort

Sardes

« Tu es mort » (III:1) ↔ le cavalier nommé la Mort

5

Les martyrs

Smyrne

« La seconde mort » (II :11)XX :6 ; « celui qui mourut et qui est en vie » (II:8)

6

Le grand jugement

Thyatire

Jézabel la prostituée (II:20) ↔ Babylone ; « selon vos / ses œuvres » (II:23 ↔ XVIII :6)

7

Les fléaux ultimes

Philadelphie

La clé qui ouvre et ferme (III:7) ↔ le septième sceau / les fléaux


Sept lettres. Sept événements. Une seule prophétie.



Les battements détaillés


Cinquième événement — Les martyrs — Smyrne

Commençons par le plus net.

Le cinquième battement, dans les deux prophéties déjà posées, est celui des martyrs. Au ciel, les âmes attendent sous l'autel, « mis à mort à cause de la parole de Dieu et du témoignage » (VI :9). Sur la terre, ils sont assis sur des trônes et règnent : « ils revinrent à la vie » (XX :4), car « la seconde mort n'a pas pouvoir » sur eux (XX :6).


Lisons maintenant la cinquième lettre. Elle est adressée à Smyrne, et tout y parle de mort et de vie. Son en-tête : « le premier et le dernier, celui qui mourut et qui est en vie » (II :8) — un Christ qui a traversé la mort, comme ses martyrs la traverseront. Sa promesse : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (II :10). Et sa clôture, mot pour mot l'écho du ciel et de la terre : « Celui qui vaincra n'aura pas à subir la seconde mort » (II :11).


La seconde mort. L'expression ne se trouve, dans tout ce que nous avons reconstitué, qu'en deux endroits rangés au même rang : la lettre de Smyrne, et le règne des martyrs. La cinquième lettre dit aux vivants ce que le cinquième événement montre des morts.


Si une seule correspondance devait suffire, ce serait celle-là.



Deuxième événement — Le Dragon en action — Pergame

Le deuxième battement met en scène le Dragon. Au ciel, le cavalier roux — πυρρός — « reçut une grande épée », et sa mission est de faire « que les hommes s'entre-tuent » (VI :4). Sur la terre, le Dragon « rouge ardent » — le même πυρρός — est nommé « le Diable et Satan » (XII:9). Ce mot, qui ne paraît que deux fois dans tout le Nouveau Testament, tombe des deux côtés sur ce même rang (publication n° 16).


La deuxième lettre est adressée à Pergame. Et de toutes les Églises, c'est la seule dont le lieu soit défini par l'adversaire : « là où est le trône de Satan… là où demeure Satan » (II :13). Là habite celui que le deuxième battement met en action. Son en-tête tient « le glaive acéré à deux tranchants » (II :12) — l'épée du cavalier roux, devenue arme du Christ. Et son martyr, « Antipas, mon témoin, mon fidèle, qui a été mis à mort » (II :13), répond au cavalier qui pousse les hommes à s'entre-tuer. Plus encore : « mon témoin, mon fidèle » est le titre même du Christ — « le témoin fidèle » (I :5). Tué là où Satan habite, Antipas reçoit la dignité du Témoin par excellence. C'est bien ce que le Dragon chasse et part en guerre contre « ceux qui gardent les commandements de Dieu et portent le témoignage de Jésus.» (XII :17)


Le siège de Satan, l'épée, le sang d'un témoin : la deuxième lettre porte les trois marques du deuxième battement.



Sixième événement — Le grand jugement — Thyatire

Le sixième battement est la chute de Babylone — celle dont « toutes les nations ont bu du vin de sa furieuse prostitution » (XVIII :3), celle qui dit en son cœur « Je trône en reine » (XVIII :7), et que Dieu paie « le double de ses œuvres » (XVIII:6).


La sixième lettre est la seule des sept tout entière tournée vers une femme. À Thyatire, le Christ reproche de tolérer « Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse », qui entraîne « à se livrer à la prostitution et à manger des viandes sacrifiées aux idoles » (II :20). Il annonce de la « jeter dans une grande tribulation » (II :22), et de rendre « à chacun selon vos œuvres » (II :23) — la formule même du jugement de Babylone.


Une femme qui se prostitue et qu'on juge selon ses œuvres : Jézabel dans la lettre, Babylone dans la prophétie. Le sixième battement nomme deux fois la même figure.



Septième événement — Les fléaux ultimes — Philadelphie

Le septième battement est celui du scellement et de l'ouverture. Sur la terre, une voix ordonne : « scelle les paroles des sept tonnerres » (X:4). Au ciel, l'Agneau ouvre le septième sceau (VIII:1), et viennent les sept fléaux « ultimes » (XV:1).


La septième lettre, adressée à Philadelphie, porte en son titre la mécanique exacte du livre : « celui qui tient la clé de David ; qui ouvre, et personne ne fermera ; qui ferme, et personne n'ouvrira » (III:7). C'est, en une phrase, ce que nous répétons depuis le début : l'Esprit ouvre, le Christ scelle. Elle reçoit « l'épreuve qui va venir sur le monde entier, pour éprouver tous les habitants de la terre » (III :10) — l'épreuve des derniers fléaux. Et elle entend l'imminence : « Je viendrai bientôt » (III :11).


Que la dernière des sept lettres soit précisément celle qui tient la clé — celle qui ouvre et qui ferme — n'est pas un hasard de plus. C'est la signature du livre sur lui-même.



Quatrième événement — L'agent de mort — Sardes

Le quatrième battement a un nom : la mort. Au ciel, le cavalier vert pâle — « la mort était le nom de celui qui le montait, et l'enfer allait à sa suite » (VI :8). Sur la terre, la Bête « fait mettre à mort tous ceux qui ne l'adorent pas » (XIII :15).


La quatrième lettre est adressée à Sardes, et c'est la seule que le Christ déclare morte : « On te dit vivant mais tu es mort » (III :1) ; « ranime ce qui va mourir » (III:2). Plus encore : la fausse vie de Sardes — vivante en apparence, morte en vérité — fait écho à cette statue que la Bête « anime au point qu'elle parle », et qui n'est qu'une idole sans vie.


Là où passe l'agent de mort, la quatrième lettre trouve une Église à ranimer.


Cavaliers : Les quatre cavaliers de l'Apocalypse — cheval blanc, roux, noir et vert pâle — art sacré byzantin

Les deux battements discrets — Laodicée, Éphèse


Restent deux battements où la correspondance, nous le disons franchement, se lit plus finement. Non par un mot partagé, mais par le sens et par le rang. Nous les assumons comme tels.


Troisième — Le rééquilibrage — Laodicée. 

Le troisième battement pèse et contient : la balance du cavalier noir, la chaîne qui enferme le Dragon « pour mille ans » (XX :2). Un rééquilibrage, disions-nous — l'instrument qui fait barrage à ce qui débordait. Or Laodicée est l'Église du déséquilibre. « Ni froid ni chaud… tiède » (III :16). Et fausse en son propre poids : « tu dis : je suis riche… tu ne sais pas que tu es pauvre » (III :17). On lui demande d'acheter « de l'or purifié au feu » (III :18) — de rétablir la juste mesure. La balance qui pèse au-dehors, l'Église à rééquilibrer au-dedans : la résonance est de sens, non de mot. Nous la croyons juste ; nous ne la donnons pas pour preuve.


Premier — Apparition du Christ — Éphèse. 

Le premier battement est la venue du Christ : le cavalier blanc « qui part vainqueur » (VI :2), l'enfant mâle enlevé vers le trône. La première lettre, à Éphèse, ouvre les sept par l'image du Christ « qui marche au milieu des sept chandeliers d'or » (II :1) — présent à son Église, au commencement. Elle lui reproche d'avoir quitté son « premier amour » (II :4) et lui promet « l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu » (II :7) : l'origine, le jardin des débuts. Ici, l'appui est le rang — le premier — et le thème du commencement. C'est le maillon le plus discret de la chaîne, et nous le présentons comme tel.



La triangulation


Récapitulons.

Sept lettres, sept événements ; rangées dans l'ordre de notre reconstitution de l'Apocalypse, chacune vient se poser sur son battement. Les martyrs et Smyrne, par la seconde mort. Le Dragon et Pergame, par le trône de Satan et le glaive. Babylone et Thyatire, par la femme jugée selon ses œuvres. Les fléaux et Philadelphie, par la clé qui ouvre et qui ferme. La mort et Sardes, par l'Église qu'on dit vivante. Et, plus discrètement, le rééquilibrage et Laodicée, la venue du Christ et Éphèse.

Disons-le avec mesure. Les lettres ne racontent pas les sept événements comme le font les signes et les sceaux. Elles parlent à sept Églises — des destinataires bien réels. C'est, de nos trois prophéties, la plus attachée à des acteurs ; et donc celle où le miroir se lit le plus finement, par résonance et non par récit. Nous ne disons pas que les lettres rejouent le schéma à l'identique. Nous disons une chose plus modeste, et déjà remarquable : leur ordre, qu'on aurait cru fortuit, peut suivre l'ordre des sept battements.

La troisième prophétie est ainsi posée à côté des deux autres : nos trois angles regardent le même objet — c'est la triangulation que nous annoncions. Mais le tableau n'est pas clos. Une part de la matière reste à poser, et nous y reviendrons.

Reste, surtout, à lire les lettres pour elles-mêmes. Chacune s'ouvre par un titre du Christ — et ces titres, nous les avons rencontrés au sceau du livre. La figure qui referme la Révélation est celle qui signe chacune des sept lettres. C'est ce que nous lirons ensuite : non plus l'ordre des Églises, mais ce que le Christ dit à chacune.


Christ aux étoiles : Le Christ tenant les sept étoiles, anges des sept Églises, icône byzantine sur fond d'or

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