7. La Bête méprise de l'Apocalypse de saint jean.
- cesar bki

- 10 juil. 2024
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 oct. 2025

Avant de nous pencher sur le regroupement des versets qui suggèrent la présence de Jean dans le Temple Céleste, j’aimerais évoquer une situation bien terrestre :
l’arrivée et la description des Bêtes dans l’Apocalypse. Oui, je soutiens que cette vision n'est pas un épisode du tableau céleste. Elle se déroule lorsque Jean est sur la terre ferme. Cette démonstration sera proposée dans un futur post, mais même en laissant de côté les anomalies de cadre, il apparaît clairement que la description des deux Bêtes a, elle aussi, été réagencée.
Qu’est-ce qui me permet de penser ainsi ?
Cette vision intervient dans le chapitre 13, après la description des signes que Jean dit observer dans le ciel. L’un de ces signes est celui de l’arrivée d’un dragon — Satan en personne. Ainsi, dans :
(XII:3) Un autre signe parut dans le ciel : c’était un grand Dragon d’un rouge ardent avec sept têtes et dix cornes, et sept diadèmes sur ses sept têtes.
Ce Dragon, après avoir perdu la guerre contre l’archange Michel et chassé du ciel et en étant précipité sur la terre, semble inaugurer une série d’événements qui mènent à l’apparition des Bêtes.
Que nous dit Jean sur l'apparence de la première Bête ?
(XIII:1) Je vis ensuite monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms blasphématoires.
Et est évident que la description de cette Bête nous rappelle celle du grand Dragon, par le nombre de têtes et de cornes. Même si celui des diadèmes diffère, ils sont de l'apparat donc peuvent évoluer. Cette Bête est d'ailleurs de couleur similaire :
(XVII:3) Et il me transporta en esprit dans un désert. Je vis alors une femme assise sur une Bête écarlate, pleine de noms blasphématoires et qui avait sept têtes et dix cornes.
Les têtes, les cornes et les noms blasphématoires ; N’est-il pas tentant de penser qu’il s’agit du même protagoniste ?
Le dragon étant la forme céleste de Satan et la Bête qui monte de la mer, sa forme terrestre.
Rappelons aussi que cette Bête a été blessée par épée :
(XIII:3) L’une de ses têtes était comme égorgé à mort, mais sa blessure mortelle fut guérie. Et la terre entière, émerveillée, suivait la Bête.
(...)
(XIII:14) Elle trompe les habitants de la terre par des signes qu’il lui a été donné d’accomplir en présence de la bête ; elle dit aux habitants de la terre de dresser une statue à la Bête qui, blessée par l’épée, avait survécu.
Le grand Dragon, lors de la Bataille Céleste, a pu être blessé. Ce n'est bien sûr pas précisé en première intention, mais le rapprochement entre les deux entités est détourné par le biais d'autres versets.
Voici comment la suite du verset n° 1 nous dépeint son apparence :
(XIII:2) La Bête que je vis ressemblait à une panthère, avec des pattes d’ours et une gueule de lion. Le Dragon lui donna sa puissance et son trône et un grand pouvoir.

Et voici comment la première Bête fut interprétée et dissociée du grand Dragon.
Ce qui pose un problème, c’est que la première Bête a été décrite de deux façons différentes, donnant cet amalgame de félin à plusieurs têtes. Ce qui n'est pas le cas de la seconde Bête, celle qui monte de la terre. Seules ces cornes sont mentionnées. Et donc, au cours de l'histoire, son illustration a souvent été celle d'un humanoïde.

D'où la confusion des rôles et les interprétations.

Dans la succession des versets que nous connaissons, la description physique de cette deuxième entité a simplement été déplacée et attribuée à la première.
Or, c'est la Bête qui monte de la terre qui doit être représenté par la chimère féline et ours.
Je rends d'ailleurs hommage à Albrecht Dürer, qui je pense devait, lui aussi, soupçonner des inversions de versets.
Regardez bien son illustration des deux Bêtes, les têtes de la première sont polymorphes, et la deuxième est bien une chimère féline.

Note de reconstruction dans le chapitre 13.
Je repositionne (XIII:2) après (XIII:11), ainsi que (XIII:5-6), de sorte que la description « τὸ θηρίον ὃ εἶδον » (chimère léopard/ours/lion) et la bouche qui blasphème pendant 42 mois se rattachent à la seconde Bête (celle qui monte de la terre et parle comme un dragon). Ce déplacement aligne forme (parole/blasphèmes) et fonction (faux prophète opérant la marque).(Anaphore) Placé immédiatement après 13,11, le relatif « ὃ εἶδον » renvoie au dernier référent neutre introduit — « ἄλλο θηρίον » —, sans rupture de genre ni de nombre.
Voici, selon mes analyses de contenu, la succession la plus probable des versets présents dans ce chapitre décrivant les deux bêtes :
1) La Bête qui monte de la mer.
(XIII:1) Je vis ensuite monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms blasphématoires.
(XIII:3) L’une de ses têtes était comme égorgé à mort, mais sa blessure mortelle fut guérie. Et la terre entière, émerveillée, suivait la Bête.
(XIII:7) Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de l’emporter sur eux, et il lui fut donné pouvoir sur toute tribu, peuple, langue et nation.
(XIII:8) Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom ne se trouve pas inscrit depuis la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau égorgé.
2) La Bête qui monte de la terre.
(XIII:11) Puis je vis une autre bête monter de la terre. Elle avait deux cornes semblables aux cornes d’un agneau, mais elle parlait comme un Dragon.
(XIII:5) Il lui fut alors donné une bouche qui proférait des discours arrogants et des blasphèmes ; et il lui fut donné pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.
(XIII:6) Elle ouvrit donc la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer son Nom, et sa demeure, et ceux qui demeurent dans le ciel.
(XIII:16) À tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, elle fait apposer une marque sur la main droite ou sur le front,
(XIII:17) pour que personne ne puisse acheter ou vendre s’il n’est marqué du nom de la Bête ou du chiffre de son nom.
(XIII:18) C’est ici qu’il faut de la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le chiffre de la Bête ; car c’est le chiffre d’un homme : son chiffre est six cent soixante-six.
(XIII:2) La Bête que je vis ressemblait à une panthère, avec des pattes d’ours et une gueule de lion. Le Dragon lui donna sa puissance et son trône et un grand pouvoir.
(XIII:12) Tout le pouvoir de la première Bête, elle l’exerce en sa présence ; elle amène la terre et ses habitants à adorer la première Bête dont la blessure mortelle avait été guéri.
(XIII:13) Elle opère de grands signes, jusqu’à faire que le feu descende du ciel sur terre aux yeux des hommes.
(XIII:14) Elle trompe les habitants de la terre par des signes qu’il lui a été donné d’accomplir en présence de la bête ; elle dit aux habitants de la terre de dresser une statue à la Bête qui, blessée par l’épée, avait survécu.
(XIII:15) Il lui a même été donné d’animer la statue de la Bête, au point qu’elle parle et fait mettre à mort tous ceux qui ne l’adorent pas.
(XIII:4) Et l’on adora le Dragon, parce qu’il avait donné le pouvoir à la Bête, et l’on adora la Bête, en disant : « Qui est comparable à la Bête, et qui peut combattre contre elle ? »
3) Pour être complet.
Dans le chapitre 13, il reste deux versets qui n'ont pas été repris :
(XIII:9) Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende !
(XIII:10) Qui est pour la captivité ira à la captivité ; qui tuera par l’épée doit être tué par l’épée. Ainsi se fondent la persévérance et la foi des saints.
Ils sont comme deux cheveux dans la soupe. C'est une évidence, ils ne sont pas à leur place.
Ils font partie des répétitions de langage de l'Esprit, dans les chapitres correspondant aux lettres aux églises. Élément ici secondaire, mais supplémentaire en faveur de la manipulation des versets
En résumé
Il apparaît , de manière hautement probable, qu'il y a une corruption de l'ordre des versets concernant la description des Bêtes. Cela contribue à la Bête méprise de l'Apocalypse de saint Jean.
Le Dragon rouge ardent est comme l'incarnation céleste de Satan, ou la symbolisation de celui-ci.
(XII:17) Plein de colère contre la Femme, Le Dragon partit en guerre contre le reste de sa descendance, ceux qui gardent les commandements de Dieu et portent le témoignage de Jésus.
(XII:18) Et il s’établit sur le sable de la mer.
Il est précipité sur terre et s'installe sur le sable de la mer ; il devient la Bête qui monte de la mer et l'incarnation terrestre de Satan.
La première Bête, qui est donc aussi le Dragon, donne du pouvoir à la seconde, celle qui monte de la terre. Elle fait dresser et adorer la statue de la première Bête, donc du Dragon qui n'est autre que Satan.
Nous retrouvons enfin la dualité Dieu/ Satan, le Christ/ le faux prophète.
Ce dérèglement dans l’ordre narratif a largement contribué à la confusion des rôles et à des interprétations souvent erronées. Il devient évident que la chronologie des événements telle qu’elle nous a été transmise n’est pas ou plus la bonne.






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