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2. intuition sur l'Apocalypse de saint Jean

  • Photo du rédacteur: cesar bki
    cesar bki
  • 28 févr. 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 mai


Deux figures saintes, Jean en rouge et un jeune homme en vert, écrivent sur un parchemin l'Apocalypse.

Concrètement, comment les choses ont commencé.


     Très vite, au cours de nos lectures successives,nous avons été frappés par le caractère décousu de la narration.

Nous avons relevé des interruptions dans le développement des descriptions, comme des cassures, des sortes de digressions. Le texte donnait l’impression que Jean présentait sa vision, de manière déstructurée, dépeignant une multitude de tableaux de façon erratique, comme un flot incessant de rêves déconnectés entre eux. Or à aucun moment, il évoque le souvenir d'un rêve.

Ce qu'il en ressort aujourd'hui, c'est pourtant une révélation onirique, fantasmagorique.

Cela nous a interpellés. Où est passée la prophétie, La Révélation qui doit nous guider vers le Salut ?



Un exemple simple, accessible à tous.


Prenons le chapitre 12. Une Femme paraît dans le ciel, enceinte, en travail. Un Dragon se tient devant elle pour dévorer son enfant à venir.

Puis voici, dans l'ordre traditionnel :


(XII :5) Elle enfanta d'un fils, un enfant mâle, celui qui paîtra toutes les nations avec une verge de fer ; et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône.

(XII :6) Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, pour y être nourrie durant mille deux cent soixante jours.


Posons-nous la question : pourquoi la Femme s'enfuit-elle après que son enfant est en sécurité auprès de Dieu ? Le Dragon menaçait l'enfant. L'enfant est sauvé. La menace est levée. Et pourtant, elle fuit.

Quelque chose, dans la séquence, ne tient pas.

Sauf si l'ordre des versets a été déplacé. Sauf si la Femme s'enfuit d'abord au désert — c'est là qu'elle accouche — et que l'enfant est arraché vers le haut ensuite, hors d'atteinte. La scène redevient alors lisible : une mère se met à l'abri pour mettre son enfant au monde.

Cet exemple n'en est qu'un, parmi beaucoup d'autres.



Le constat se généralise.


À mesure que nous avancions, nous découvrions des successions semblables. Des versets qui se suivent et qui ne se répondent pas. Des descriptions interrompues, reprises plus loin sans transition. Des scènes qui se contredisent dans le détail tout en parlant des mêmes choses.

Or, le texte lui-même refuse d'être obscur :


(XXII:10)  Puis il me dit : « Ne scelle pas les paroles prophétiques de ce

livre, car le temps est proche ! 


Le verbe est important. Sceller signifie cacher, mettre sous silence. Et il faut rappeler ici que le mot grec qui donne son titre au livre — ἀποκάλυψις (apokálypsis) — signifie littéralement dévoilement. Le livre est un dévoilement, qu'on demande à Jean de ne pas refermer.

Et plus loin :


(X:11) Alors, on me dit : « Il te faut encore prophétiser sur bien des peuples, des nations, des langues et des rois. »


Il y a là insistance sur le caractère universel et accessible du message.

Cependant, force est de constater que malgré ces recommandations, le texte reste voilé encore par un brouillard symbolique, allégorique. Et plus encore : par un désordre qui empêche toute lecture suivie.



Deux options se présentent.


  1. Soit nous nous rangeons du côté de ce qui est communément admis. C'est ainsi qu'écrit l'encyclopédie biblique :


" Le dernier livre de la Bible, rédigé sans doute dans sa forme actuelle à la fin du 1ᵉʳ siècle, sous le règne de Domitien... "

Dans ce cas, il faut se satisfaire de cet étrange format pour la Révélation. Le livre nous est parvenu ainsi, et il faut faire avec.


  1. Ou alors, plutôt que de nous soumettre à une lecture exclusivement traditionnelle, nous choisissons de remettre en question le décodage classique.


Ce questionnement est d'autant plus légitime que l'Apocalypse, ainsi connue, a donné lieu à des lectures extravagantes. Hollywood, par exemple, n'a pas hésité à s'emparer de cette « soupe » de symboles pour créer des récits sensationnels, éloignés du message originel.


C'est pour cela que nous avons décidé de prouver que notre intuition sur l'Apocalypse de saint Jean est correcte.



Une fable méthodologique.


Pour mieux illustrer ce que nous percevions, permettons-nous d'imaginer une histoire sous-jacente, un peu fantaisiste.

Imaginons Jean, concentré, dictant les Révélations à son scribe. Ce dernier, un peu maladroit, laisse tomber les morceaux de parchemin et les ramasse comme il peut. Il ne sait plus dans quel ordre ils se trouvaient. Il a fait de son mieux, mais a produit un désordre qui pourrait refléter parfaitement l'état actuel du texte


Intuition L'apocalypse de Saint Jean

Oups !!! Heureusement mon maître n'a rien vu !


Nous ne prétendons pas que les choses se sont passées ainsi. C'est une métaphore — une manière imagée de poser la question. Le mécanisme réel qui a produit l'état actuel du texte importe peu à ce stade. Ce qui importe, c'est de constater que le texte présent porte les marques d'un réordonnancement.



La méthode qui en découle.


Face à ce constat, nous avons décidé de partir à contre-courant des positions choisies pour expliquer ce texte. Nous n'avons pas abordé l’Apocalypse comme une prose impénétrable et figée, mais plutôt comme un texte dont la structure et l’ordre des éléments pouvaient être remis en question.

Nous avons cherché à identifier des versets qui se côtoyaient sans lien apparent — la localisation de Jean, le choix du vocabulaire, l'usage des temps de conjugaison, ses interlocuteurs — et procédé à un examen minutieux des incohérences narratives..


Ainsi, la reconstruction de la Révélation fut lancée.



Avenir


Notre objectif est désormais de démontrer comment ces fragments, réorganisés selon une logique interne au texte, rendent le message plus fluide, cohérent et accessible.

Dans les publications qui suivront, cette recherche, guidée par l'intuition mais étayée par l'observation des versets eux-mêmes, ceux qui cherchent à comprendre ce mystère ancestral.

Si l'intuition est juste, alors le texte que nous lisons aujourd'hui contient lui-même la clé de sa propre reconstitution. C'est ce que les publications suivantes vont chercher à montrer, étape par étape..


 
 
 

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